J’ai toujours détesté faire le ménage !

Tout pour m’en sauver !

Je suis capable de faire de l’aveuglement volontaire. Et même… je préfère me taper une virée au supermarché un samedi 16 h plutôt que de me retrouver à épousseter et nettoyer !

Et dans la vie, le lave-vaisselle est mon meilleur ami ! (mille excuses Jean Daniel mon pote !)

Je l’avoue, à l’heure du torchon, je fais de la procrastination. Et je crois même que tous les membres de ma petite famille ont le même problème.

Jusqu’à ce que j’apprenne que Fiston fait de l’évitement… il ne donne pas dans la procrastination !

Quand l’agenda scolaire te parle

Fiston revient de l’école… il a encore un feu rouge à son agenda.

QUOI ? Toi mon grand, si sage et obéissant… que se passe-t-il depuis quelque temps ?

Je feuillette à rebours les pages de son agenda scolaire :

  • Lundi : vert
  • Mardi : rouge
  • Mercredi : jaune
  • Jeudi : rouge
  • Vendredi : rouge… grosse semaine mon bonhomme ! Tu sais, l’école, ce n’est pas une longue récréation !

J’enchaîne avec les commentaires de l’enseignante :

  • il bavarde
  • il dérange ses amis
  • il fait des bruits de bouche… 🙂
  • il échappe son crayon

Un feu rouge pour avoir échappé son crayon !??!

Je me tourne vers « l’échappeur » de crayon en question et lui demande alors des explications. Fiston est muet, il ne comprend pas, il n’a rien à dire.

J’écris à l’enseignante.

Le lendemain, elle me répond que Fiston fait de l’évitement.

Euh… c’est quoi ça ? Re-demande d’explications.

Alors là, j’en ai + que – !

Donc, j’apprends que, au lieu de sortir son cahier, il sort une BD.

Plutôt que d’écrire ses mots de vocabulaire, il barbouille.

Pendant que les autres travaillent en silence, il sort son répertoire des meilleures blagues et fait rire le groupe.

J’ai accouché d’un clown !

En conclusion, voilà comment se passent ses journées en classe… il fait de l’évitement.

Apprendre lui est déjà assez difficile… comment peut-il se permettre de ne pas travailler ???

Donc, je passe à l’action : je consulte le dictionnaire pour comprendre la différence entre ces deux mots et j’ai une réunion avec le petit monsieur.

– Pourquoi ne travailles-tu pas en classe ? À la maison, quand c’est l’heure des devoirs et des leçons, tu travailles bien !

La révélation de l’année

  • Je réalise soudain qu’à la maison, lorsque vient le temps de faire ses devoirs, Fiston a une vive envie d’aller faire pipi. Il peut y aller trois fois en une heure.
  • Il a aussi souvent soif, il aime mettre des glaçons dans son verre… c’est long se servir un verre d’eau. S’il demande une paille, là c’est non !
  • Il lui arrive aussi d’avoir besoin d’aiguiser son crayon… mais il ne l’échappe pas 😉
  • Il doit aussi souvent se dégourdir la main  parce qu’il a trop écrit et après, vous l’avez compris, il a envie de pipi… c’est normal, il vient de boire deux verres d’eau !

Devant l’ampleur de la tâche… Fiston se dérobe. Face à son attitude…, je m’impatiente.

Chaque soir, il est bien vrai, je regarde l’heure passer, je me désespère de le voir perdre son temps… et le mien.

Mais je persévère. Pas question de le laisser faire de la procrastination.

Moi qui aime tant lire…

Et quand vient le moment de la lecture, je commence à serrer des dents. Ça fait une heure qu’il travaille et quand arrive le 20 minutes de lecture quotidien, vous savez ce moment privilégié, de qualité que nous sommes censés partager avec notre enfant… ça devient un véritable supplice, tant pour lui que pour moi.

Il lit avec « diculté », oh pardon, de la dif-fi-cul-té. Parce que les mots de trois syllabes et plus sont ardus à lire et à dire pour mon petit dyslexique (mais à ce moment, nous ne le savions pas…)

En 3e année, les livres commencent à être plus volumineux… on s’entend qu’il y a une histoire, pas juste une phrase par page avec un gros dessin !

Combien de stratégies ai-je déployées !

  • Tu lis une page, j’en lis une.
  • Euh, tu lis une phrase, j’en lis une.
  • Non, tu ne lis pas un mot et j’en lis un… on ne finira plus !

La période de lecture devient un moment de torture.

Il pleure, il ne regarde pas, il tourne les pages, il en saute quelques-unes, il oublie le livre dans son pupitre…

C’est au moment où je décide de passer outre les consignes de l’enseignante et que je lui fais la lecture que le bonheur revient.

Soudainement, il s’intéresse! Mais il ne me pose jamais de question. Il m’écoute… trop heureux de comprendre, qu’enfin, il connaîtra la fin de l’histoire et la comprendra !

Procrastination ou évitement ?

Imaginez quand ce qu’il a à accomplir ne fait pas de sens pour lui…

Je m’explique :

  • lire une succession de lettres qui forment des syllabes
  • qui forment des mots
  • qui forment des phrases
  • qui forment des paragraphes
  •  qui forment une histoire… est une montagne pour quelqu’un qui ne sait pas assembler deux ou trois lettres.

Imaginez quand on lui présente un bouquin !

Si j’étais assise dans sa chaise, moi aussi je ferais tout pour éviter d’être confrontée à l’incompréhension…

Et c’est ce que je fais moi-même face à un exercice que je déteste… je ne fais pas de casse-têtes ! Je sais, je sais, tout le monde aime faire des casse-têtes. Eh bien ! Pas moi. Ces milliers de pièces toutes de la même grandeur, de la même couleur…

  • me donnent soif
  • me donne envie de pipi
  • me donne envie de faire des bruits de bouche
  • me donne envie d’échapper mon crayon…
  • me donne même envie de faire du ménage !

Si vous voyez votre enfant faire de l’évitement, soyez créatif, et demandez-vous comment rendre la tâche plus simple, plus facile, plus gratifiante pour qu’à la fin, il sente que ses efforts ont servi à quelque chose.

Pour aider votre enfant dans sa lecture

Et pour le ménage ? J’ai trouvé un truc : je mets de la musique qui groove, qui me rappelle ma gang, un souvenir heureux. N’importe quoi ! Et une fois ma tâche terminée, j’admire mon chef-d’oeuvre… qui comme les stories d’Instagram… disparaissent après 24 heures !

Mais j’avoue, plus souvent qu’autrement, je fais de la procrastination !

 

 

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