Photo lettres de scrabbles qui représentent la confusion d'un enfant dyslexiqueComment comprendre l’incompréhension d’un enfant dyslexique ?

Bonne question. Je me la pose souvent. Je ne suis pas neuropsychologue, je n’ai pas de réponse scientifique.  Mais à force de me mettre au diapason de Fiston, j’apprends, avec le temps, la façon dont il pense, ce qu’il veut me dire et surtout quoi lui demander quand je ne le comprends pas. Dyslexique vous dites ?

C’est parfois une gymnastique ! Mais nous y arrivons !

Se mettre au niveau de son enfant dyslexique : c’est à vous de jouer, cher parent!

Cette phrase, insignifiante en apparence, est la clef pour établir une relation d’aide harmonieuse et une complicité avec Fiston qui ne pense pas toujours comme moi… à moins que, ce ne soit moi qui ne pense pas comme lui !

Puisque j’ouvre ici une grande porte, voici un exemple qui parle de lui-même !

Fiston 7 ans, parle de son cousin Sébastien qui va à l’université. Nous ne savons pas à ce moment qu’il est dyslexique.

Il me demande si Sébastien est un écolier. Je lui réponds qu’effectivement il est étudiant.

Donc, nous avons ici trois mots qui disent la même chose… pour moi !

  • Université
  • Écolier
  • Étudiant

Mais pas pour lui.

Alors, Fiston me dit : Ah ! Je croyais qu’il était un écolier !

À moi de jouer !­­

Phylactère et ampoule idée pour aider un enfant dyslexique

Surprise! J’ai pourtant l’impression d’avoir été claire.

C’est à ce moment que je m’arrête, que je me questionne et que je comprends que je dois me mettre à son niveau. Être au diapason.

Je reprends donc ma réponse. Je lui confirme qu’il a raison, que Sébastien est un écolier puisque il va à l’école.

Pour être certaine d’être comprise…

– Sébastien va à l’université. Et l’université, c’est une école ! On peut aussi dire qu’il est universitaire puisqu’il va à l’université ! Et tu sais mon chéri, on peut dire aussi que Sébastien est étudiant puisqu’il étudie.

Tellement fière d’avoir compris sa question et lui donner, par le fait même, des exemples pour qu’il trouve de nouveaux mots !

Stop illustre trop d'information donner à un enfant dyslexique

Oui ! Stop!

Il faut savoir répondre à SA question. Il faut aussi savoir apprendre à s’arrêter… et ne lui formuler qu’une réponse… claire si possible !

Je vous explique : Là où il demande si Sébastien est écolier, j’ajoute les informations suivantes :

  1. université
  2. universitaire
  3. étudiant
  4. étudier… OUF !

Donc, si j’ai su me mettre à son niveau, reprendre sa vraie question et lui donner une réponse, je dois apprendre à ne pas en rajouter…

Parce que je le surcharge d’informations inutilement ! Il n’a qu’une question, nul besoin de lui fournir quatre réponses !

C’est exactement cela que je veux dire par savoir se mettre à son niveau, être au diapason.

Comment ai-je su que je lui donnais trop d’explication ?

C’est lorsque j’ai fait appel à son sens de la déduction !

– Mon chéri, dis-moi quel mot trouve-t-on dans écolier ?

– Collier

Que lui répondre ? Qu’il a tort ? Non, il a raison ! À SON sens !

En fait, j’aurais tant aimé qu’il me dise « école », ça m’aurait réconfortée.

Mais sa réponse m’a éclairé sur ce qu’est être dyslexique, la dysorthographie, ce qu’est un peu des deux ! Vous savez, parfois, on peut dire la même chose, SANS comprendre la même information !

Mais, est-ce que cette particularité est propre aux dyslexiques ?

Tellement pas ! On fait ça tous les jours, avec tout le monde !

Au boulot, si un collègue ne comprend pas, j’explique autrement. À la maison, si mon conjoint ne me répond pas, je reformule. Je suis constamment en train d’expliquer et répondre aux questions.  Comme vous.

J’avoue…

C’est un exercice qui n’est pas facile à mettre en pratique au quotidien avec notre enfant qui présente un trouble d’apprentissage.

Entendons-nous bien. Je ne vous dis pas de vous arrêter à chaque mot que votre enfant prononce pour en analyser le sens ! Ni donner la réponse la plus probable selon une grille d’analyse! On laisse ça aux robots et leurs algorithmes !

Non, je vous dis simplement : soyez à l’écoute, essayer de comprendre le sens de son raisonnement et tranquillement, vous développerez le réflexe de vous mettre plus facilement et plus rapidement au niveau de votre enfant pour lui donner des explications qui font du sens pour lui.

Réussirez-vous tout le temps ? Certainement pas… vous n’êtes pas un robot. Vous êtes un parent aidant. Laissez-vous des chances. Vous lui en laissez bien !

 

 

Partagez

Laisser un commentaire